Ouest-France Mercredi 30 janvier 2008
Thomas Voeckler : " Je n'ai pas promis la lune "
Saison 2008. A 28ans, le leader de Bouygues Telecom Veut croire en des jours meilleurs, car le cyclisme est arrivé à un tournant de son histoire.
Thomas Voeckler, votre victoire au GP Ouest-France à Plouay, en septembre dernier, est restée comme un des moments authentiques et rafraîchissants de la saison 2007. C'était comme un acte de résistance dans ce cyclisme abîmé par le dopage?
"Il faut encore croire au vélo. Ce qu'à fait Frédéric Guesdon sur Paris-Tours 2006, C'est pareil comme performance dans le contexte même si la manière était différente de la mienne à Plouay. Sans être naïf, il ne faut pas croire que seul les dopés gagnent. Et tous ceux qui gagnent sont des dopés. Avec de l'ambition et pas de complexe, on peut y arriver.
Ce succès vous ressemble?
Marcher,avoir des résultats, cela crédibilise un discours. Mes propos ont de la portée car, je n'ai jamais fait croire la lune au gens. Je suis peut être passé et je passe pour un mec qui profite de la médiatisation, mais je n'ai jamais fait de fausses promesse. Je dis par exemple que je pense faire partie des meilleures français. J'essaie d'être sincère. Je ne prends pas les gens pour des imbéciles.
Justement, vous vous situez comment dans ce cyclisme français sans grand leader?
Je fais des partie des piliers. Mais comme leader, c'est peut-être paradoxal, on va plus parler d'un Sylvain Chavanel que moi .
Pourquoi?
Je ne sais pas. On a beaucoup attendu de moi après 2004, mais je n'ai peu^t-être pas répondu à toutes les attentes du public, sauf peut-être pour des spécialistes.
2004, le maillot jaune pendant dix jours, il es reste quoi aujourd'hui?
C'est toujours la référence. Sur le moment, je me suis pas rendu compte. Les gens m'ont identifié. Ils avaient une histoire à suivre, dans laquelle ils ont cru. Dessel a eu le maillot en 2006, mais une journée, c'est plus éphémère. Quand j'ai réussi à garder le maillot, dans les Pyrénées, c'était le fait marquantn on s'en souvient, car je l'avais depuis déjà une semaine. Dix jours, c'est quelque chose.
Ce passé est parfois embarassant ?
Vivre toute la seconde de ma carrière là-dessus, cela me déplairait . Je suis fier de ce que j'ai fait en 2004. Je ne veux pas le faire oublier mais je n'ai pas envie qu'on ne retienne que cela. Depuis,mes résultats sont méritoire, mais n'ont pas la même portée que le maillot jaune. Je pense que le grand public se demande ce que je fais. Pourtant, je n'ai pas à rougir des trois dernière années.
Avec Casar, Chavanel, Calzatti,Moncoutié, vous avez le profil pour faire des coups sur un jour. Mais quel coureur français peut gagner un grand tour?
Je ne vois personne à l'heure actuelle. Le jeu a été tronqué par le dopage ces dernières années .Et même depuis toujours si j'ai bien compris, mais pas seulement par cela . On n'a pas forcément les coureurs les plus fort du monde. Ce sera peut être dans cinq ans. Le dopage mis à part pas, on n'a pas le coureur au profil complet pour 3 semain. C'est pareil en Belgique. Cela n'a rien a voir avec le travail. Il faut accepter d'avoir des periodes de vaches malgres, comme creux de génération
Donc les coureurs franaçais s'entraînent assez..... Les critiques de Hinault ou Fignon sont déplacées?
Oui. Hinault aujourd'hui, il gagnerait un grand Tour, car il était au-dessus du lot. Fignon aussi a gagné dès sa première participation. C'est la grande classe. Comme ils ont réussi, ils pensent peut être que tout le monde peut le faire. Mais avoir la grande classe, c'est très rare. Et même s'il y a du dopage,on voit les grands potentiels.
2008 est l'année de la dernière chance pour le cyclisme?
En avril, on ne me fera pas dire qu'il n'y a pas de dopage dans le peloton... Je retiens la bonne volontéd'éradiquerce fléau de la part de tot le monde. Mais cela ne veut pas dire que les gendarmes vont rattraper les voleurs . Y en a qui qui vont peut être se dégonfler. D'autres vont toujours tenter le diable. Le passeport biologique va sans doute être efficacesur certains points, mais je ne sais pas si c'est l'arme ultime. Sinon, c'est la fin du cyclisme propre. Cela repartira comme avant .
Vous abordez votre huitième saison chez les pros, avec quel objectif?
Je suis de moins en moins impressionné, j'ai plus en confiance en moi. Avec plouay, j'ai eu la grosse victoire que je voulais sur une course d'un jour. Je me suis imposé avec toutes les meilleures équipes et leurs leaders.
Je sais que j'ai les capacités de gagner une étape d'un grand Tour . Je n'en fais pas une obsession, même si mes ambitions sont élévées.''


